Michèle Rosier

Découvrir Michèle Rosier au prisme de ses films c’est embrasser l’itinéraire étonnant d’une esthète optimiste née à Paris à l’été 1930. C’est rencontrer une femme à l’esprit vagabond qui resta fidèle à George Sand. C’est apprécier le travail d’une cinéaste animée par une espiègle folie créatrice. Proposer une bio arrimée de lignes chronologiques ne suffirait pas à la présenter… ces quelques extraits de ses notes d’intention ou des mots de journalistes permettent de la deviner.

« Retour à la fiction après dix ans de documentaire dit de création.
Envie de raconter une histoire drôle et triste à la fois. Simple et profonde.
Envie de retrouver l’adéquation du mouvement de la caméra et de celui des comédiens.
Envie de faire un beau et bon film.
Envie d’avoir un son riche et précis qu’on ne peut jamais avoir dans un documentaire.
Serait-ce un film de plus ou un film plus ci plus ça ?
Décider si cette histoire est banale ou exemplaire, cette cinéaste obstinée ou passionnée ?
Si j’ai attendu mes quarante ans pour faire du cinéma c’est que je doutais alors vous imaginez bien que les lettres d’intention ne sont pas mon fort. Mais moi je brûle de bonnes intentions, comment persuader à quiconque ? »
Michèle Rosier – brouillon manuscrit note d’intention Embrasse-moi 1988

« On ne sait pas une foule de choses à propos de Michèle Rosier, sinon qu’elle a de la bouteille. Discrète cinéaste depuis 1973 (une douzaine de films, fictions et documentaires) après avoir bourlingué dans le journalisme et le modélisme dans les années 1950 et 1960. On retiendra une photo du dossier de presse où on la voit à côté de la caméra agrippée au pied de celle-ci. La mine est rigolarde et resplendissante. Même derrière les lunettes noires, on devine un air malicieux, affranchi et impertinent. »
Extrait de la critique de « Ah ! la libido » dans Critikat par Arnaud Hée 2009

« C’est à travers un regard de femme que j'observe la réalité. Mais un regard tendre, sur tout ce qui est vivant (...). Dans mes films les constats sont toujours un peu amers, mais je garde une attitude positive sur tout... bien obligée. »
Michèle Rosier, 1988, approchée sur le tournage de Embrasse-moi par Nicolas Choffel du Quotidien de Paris

« Michèle Rosier
Née à Paris en 1930
1947 Entre à France Soir comme reporter puis secrétaire de rédaction
1956 Rédactrice en chef du mensuel « Nouveau Fémina »
1960 Devient styliste
1973 Ecrit et réalise « George qui ? » long métrage avec Anne Wiazemsky dans le rôle de George Sand. »
Biographie dossier de presse « Mon cœur est rouge » 1976

« Pionnière du cinéma féministe français, réalisatrice d'une œuvre plutôt confidentielle, Michèle Rosier filme les réalités quotidiennes des femmes avec finesse et clarté. Cinéaste discrète et généreuse, auteure de six longs métrages en 35 ans (1972-2007), elle apparait, sous la plume du critique Michel Boujut, " portraitiste à pattes d'oiseau qui a toujours su dire et montrer, à travers ses modèles, le frémissement des êtres, leurs déchirements intimes, leurs pulsions et impulsions ". »
Biographie de Michèle Rosier dans le catalogue Ciné Ressources

Voir l’entretien de Michèle Rosier à l’occasion de la rétrospective 2016 à la Cinémathèque Française